Vive la fraise !

Publié le par Michel Le Fouineur

Dans le langage populaire, "aux fraises" signifie "au printemps". Alors, pas de doute, chaque année, c'est cette saison qui "ramène sa fraise"... Sachons en profiter !
Attention, pour les botanistes, la fraise n'est pas un fruit ! Tout juste un "réceptacle floral épanoui sur lequel sont fixés des petits grains durs nommés akènes". Affirmation d'expert, mais qui ne saurait gâcher notre plaisir au moment de croquer la chair tendre et onctueuse de la fraise. Dans la nature, pas de fraise sans fraisier, mais dans l'Histoire, pas de fraises sans... Frézier. En effet, par un étrange hasard, c'est un officier de marine nommé Amédée-Antoine Frézier qui rapporta du Chili en 1713 quelques plants d'un fruit inconnu, dit Fragoria chiloensis. Il les planta dans son jardin de Plougastel. La suite, on la connait.
Une fois introduites en Bretagne, les fraises se sont épanouies dans la région de Plougastel-Daoulas grâce à son sol silicieux et son microclimat engendré par le passage du Gulf Stream. Peu à peu, la fraise devint une production locale typique et florissante. En 1827, la fraise fut classée par Laennec parmi les produits de la gastronomie bretonne. Elle s'exportait très bien : à la fin du XIXe siècle, jusqu'à trente tonnes en arrivaient chaque semaine à Paris. On avait alors coutume de dire dans la région de Plougastel : "la fraise, c'est l'aisance dans le pays". Pour leur récolte, on faisait appel aux jeunes filles du pays de Léon qui échangeaient leurs bras et leur peine contre le gîte et le couvert et se voyaient payer en livres de beurre.
L'apogée de la culture se situa entre 1925 et 1950. Une multitude de fermes de la région s'adonnèrent alors à sa seule culture, activité complémentaire de la pêche hivernale aux coquillages. Mais les temps difficiles se profilaient à l'horizon. Entre 1952 et 1962, la production chuta de deux tiers. Une des raisons fut la fermeture de l'important marché d'Angleterre qui vit sa propre production de fraises tripler au cours de ces années. Le principe des vases communicants ! De nombreux cultivateurs abandonnèrent alors la fraise au profit de la tomate.
Aujourd'hui, la production de fraises de Plougastel est devenue très faible et sa commercialisation est essentiellement locale. Mais elle a conservé une image valorisante et fait aujourd'hui l'objet d'une relance. Une nouvelle qui aurait réjouit Amédée-Antoine Frézier.
¤¤¤¤¤
(source : Notre temps/jeux n° 259 juin 2007 ; wikipédia)

Publié dans général

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article