L'Eglise doit-elle prendre parti lors des élections ?

Publié le par Michel Le Fouineur

(par P.Christian Delorme, prêtre à Lyon)
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Maurice est très en colère. Ce militant ouvrier, chrétien de longue date, n'est pas favorable au mariage homosexuel, mais il n'admet pas, pour autant, qu'à l'occasion de l'élection présidentielle, des autorités religieuses interviennent pour condamner toute évolution vers ce mariage. Disant cela, il fait référence, bien entendu, à une déclaration récemment rendue publique à Lyon, et qui a réuni dans une parole unique des responsables juifs, musumans et chrétiens de diverses confessions (à l'exception de l'Eglise réformée). "Il y a mille autres domaines où l'Eglise pourrait faire entendre une parole forte : sur la spéculation financière et sur le chômage, sur la solidarité avec l'Afrique, sur les sans-papiers ou sur les sans-abris, me dit-il. Alors, pourquoi privilégier un sujet aussi difficile et controversé sur lequel les principaux candidats se sont déjà prononcés pour ou contre ? On n'est plus dans l'interpellation, mais dans une attitude partisane. L'Eglise donne ainsi le sentiment qu'elle préfère tel ou tel candidat à tel autre. Ce n'est pas loyal."
Ce que dénonce Maurice, l'Eglise catholique de France a voulu, en fait, s'en prémunir. Ses responsables se refusent à prendre parti en faveur de tel ou tel candidat et tiennen à ce que les chrétiens fassent leur choix en leur âme et conscience. C'est pourquoi le Conférence des évêques a veillé à publier, bien avant l'entrée en campagne (en octobre), une série de réflexions sur les enjeux des prochaines élections avec le texte "Qu'as-tu fait de ton frère ?" Et les interpellations de l'Eglise sont nombreuses, venant bousculer autant de choix de droite que d'orientations de gauche. L'initiative lyonnaise peut donc être regardée comme une exception, malheureuse quant à la date à laquelle elle s'est produite. Mais cette déclaration sur le mariage homosexuel se contente de dire, en fait, ce que le magistère romain n'a cessé de clamer ces dernières années. Bien entendu, pour éclairer son choix électoral, le chrétien est appelé à prendre en compte non pas un seul sujet de société, mais tout ce qui concerne le présent et le devenir de l'homme.
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(source : Pélerin n° 6484 - 8 mars 2007)

Publié dans croyances

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