Léon IX.

Publié le par Michel Le Fouineur

(Brunon de Dabo ou de Dagsbourg - Egwsheim 1002 ; Rome 1054)
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L'image que peut nous laisser un pape tel que Brunon de Dabo qui, il y a un millénaire, avait vécu toute sa jeunesse en Alsace mais aux marches de la Lorraine, peut nous paraître avec le temps forcément floue. Homme à l'intersection de deux culures dont il connaîssait bien les langues et les usages, son action fut de rechercher sans relâche des points d'accord entre les peuples deces régions. Cette tâche reste toujours d'actualité...
Brunon était de noble naissance, son parcours fut exemplaire. Chapelain de l'Empereur Conrad II, Archidiacre de Toul, il brilla d'abord en Lorraine sur le siège de l'évêque de Toul de 1026 à 1031. Dans notre région Lorraine, ses premières interventions consistèrent àremettre un peu d'ordre dans l'Eglise et dans les monastères, rétablir la discipline monastique, en particulier au sein de ceux du Val de Galilée dans les Vosges, et plus particulièrement celui de Moyenmoutier. Nommé à Worms à la tête de l'Eglise en 1048, il accepta finalement cette charge à condition qu'elle soit aussi ratifiée par le peuple romain. Le peuple de Rome lui fit un triomphe. Mais ce nouveau Pape savait rester modeste.
Devenu pape en 1049, on le vit combattre sans faiblir et avec courage tous les empiétements que les puissants, qu'ils soient princes ou rois de ce monde, voulaient imposer à l'Eglise. Ils étaient nombreux : la simonie, le manque de chasteté des clercs, les violences des barbares de l'époque : les normands. Il les ramena à la raison, et plutôt que de les punir, il leur pardonna leurs forfaits. Pendant son court pontificat Lén IX visita,pacifia et reprit en mains, à de nombreuses reprises, les communautés chrétiennes de l'Europe du nord. Sa dernière intervention consista à essayer d'enrayer le chisme qui s'était développ au sein des Eglises grecques. Il envoya sur lace à Constantinople, un groupe de ses fidèles parmi lesquels se trouvait le Cardinal Humbert de Moyenmoutier. Cette ambassade fut un échec. Quand la délégation revint à Rome, le pape était mort. Depuis cette période, la séparation entre les Eglises d'Orient et d'Occident a perduré. Depuis quelques années seulement, le conflit latent entre les chrétiens de rite orthodoxe et latin a presque disparu. Mais il a fallu un millénaire pour que cet état de fait s'améliore !
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(source : chrétiens dans la ville n° 22, juin 2007)
 

 

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