Festival d'Avignon - Marie-Christine Barrault

Publié le par Michel Le Fouineur

Jusqu'au 27 juillet 2007, le coaur d'Avignon bat au rythme du théatre avec plus de 700 spectacles au programme. L'actrice Marie-Christine Barrault, metteur en scène pour la première fois, vient y défendre Robert et Clara S., une pièce sur le couple passionnel foré par le compositeur Robert Schumann et sa femme. Rencontre avec une novice plutôt sereine.
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Avignon, son palais des Papes, sa cour d'honneur... et la frénésie de son festival. Une fois l'an, à chaque coin de rue, se joue un étrange complot. Ici, on chuchote, on grimace. Là, on s'agite, le ton monte et la cité tout entière se transforme en une pépinière où plus de 700 spectacles s'épanouissent pendant trois semaines. Comme tant d'autres, l'actrice Marie-Christine Barrault vient en Avignon pour défendre une pièce. Mais cette année, elle endosse un rôle inédit en mettant en scène Robert et Clara S., l'oeuvre de Jacques Beauvois. Le récit de la passion douloureuse du compositeur Robert Schumann et de sa femme, Clara, pianiste virtuose. Dans le café où nous déjeunons, à deux pas des répétitions, Marie-Christine Barrault évoque avec enthousiasme cette "histoire magnifique et déchirante d'amour et de folie" et ses débuts de metteur en scène.
- Je pense qu'il faut toujours répondre "oui" quand le destin propose quelque chose. Je n'ai pas été à l'initiative de la pièce : les comédiens, Anne Constantin et Jean-Louis Cassarino, l'avaient déjà jouée sous un autre titre. Mais ils avaient l'impression de ne pas avoir été emmené dans la bonne direction. Ils sont venus me chercher.
Entre deux représentations en région, où elle interprète Les monologues du vagin, d'Eve Ensler, et Les carnets intimes d'Anna Magdalena Bach, l'infatigable comédienne passe de l'autre côté de la rampe. Avec la générosité pour moteur.
- Il y a deux façons d'envisager la mise en scène, explique-t-elle. La première fait appel à l'imagination pour créer quelque chose. La seconde est une question de transmission. J'ai acquis, au fils des années, au cours de mes travaux et de mes rencontres, une expérience que je voudrais faire partager avant de disparaître. Et quelle expérience ! Révélée au cinéma dans Ma nuit chez Maud, d'Eric Rohmer, et surtout dans Cousin, cousine, de Jean-Charles Tacchella, Marie-Christine Barrault s'est, depuis quarante ans, illustrée dans tous les genres, triomphant notamment à la télévision dans le rôle de Marie Curie. Pour le théatre, l'actrice garde toujours de la gourmandise et ressent un plaisir qui la ravit tout entière.
- Lethéatre, c'est cosmique ! exulte-t-elle, les bras levés.
C'est aussi sur les planches qu'elle est parvenue à accepter la disparition, il y a sept ans, de son époux Roger Vadim, auquel elle a rendu hommage par un spectacle en chansons : L'homme rêvé.
- Au théâtre, tout est vécu avec une totale densité, ce qui n'emêche pas d'exprimer de la légéreté, fait remarquer l'actrice. Dans la vie, c'est la même chose : la douleur s'apprivoise. O peut l'éprouver pleinement tout en ressentant des moments de joie.
A une semaine des premières représentations du Festival d'Avignon, Marie-Christine Barrault appliquait à la lettre sa philosophie optimiste.
- J'étais absolument zen, les acteurs enétaient d'ailleurs étonnés, déclare-t-elle, tout sourire.
La comédienne a déjà joué deux fois à Avignon, dont une première ioubliable dans la cour d'honneur du palais des Papes, pour la somptueuse création du chorégraphe Maurice Béjart : La messe pour le temps présent. Cette fois, sa pièce fera partie du Off, la programation non officielle.
- En In ou en Off, le plaisir du théâtre reste le même, conclut-elle.
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61e Festival d'Avignon, jusqu'au 27 juillet 2007 ( http://www.festival-avignon.com )
source : Anne-Claire ORDAS ; pélerin n° 6502 du 12 juillet 2007.

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