Laissez-passer pour l'urgence.

Publié le par Michel Le Fouineur

Policiers, pompiers, gendarmes, ambulanciers privés. Gyrophares et sirènes ne donnent pas tous les droits aux véhicules de secours qui zigzaguent dans les embouteillages.
Les "deux tons" qui se mettent subitement en route pour s'extraire d'un embouteillage sans fin à l'heure de midi n'est pas qu'une légende. Heureusement, le procédé reste marginal. Véritables laissez-passer, les avertisseurs sonores et autres signaux lumineux sont actionnés à bon escient. Pour permettre aux véhicules d'urgence de se frayer un passage dans les artères bouchées d'un centre-ville et apporter une réponse dans les meilleurs délais. A condition que le caractère d'urgence de la mission soit avéré.
- Cela ne sert à rien de prendre des risques au volant quand on intervient sur une fuite d'eau, observe Bernard Modéré, directeur du service départemental d'incendies et de secours (SDIS) à Nancy (54). Au passage d'un feu rouge, par exemple, si le conducteur du véhicule pompier crée un accident, il engage sa responsabilité vis-à-vis de notre assurance et éventuellement de la justice. Il n'y a plus de 50-50 automatique comme avant. Nos signaux servent à demander la priorité et en général ça fonctionne bien. Nos véhicules sont assurés au tiers. Nos consignes internes rappellent que le véhicule doit marquer l'arrêt et s'assurer qu'il peut franchir le carrefour, au pas, en toute sécurité pour les intervenants et les usagers.
Le comportement de l'automobiliste ne serait pas le même dans la mesure où ce dernier a affaire à une ambulance privée qui réclame le passage.
- Oui, on laisse passer plus facilement un rouge (un pompier) qu'un blanc (un privé), constate Joseph Giordano, patron des Ambulances modernes à Vandoeuvre (54). C'est dans la culture.
Missionnées par le SAMU dans le cadre de leur tour de garde, les ambulances privées bénéficieraient toutefois d'une "tolérance" à la traversée des carrefours.
- Bien sûr, avec gyro et trois tons. Et comme les pompiers, si on se fait flasher au radar automatique, on peut réclamer une indulgence à condition de pouvoir justifier la nécessité de notre excès de vitesse. Hors missions SAMU, nous sommes considérés comme des véhicules traditionnels.
A l'escadron départemental de sécurité routière (EDSR) de la gendarmerie de Nancy (54) le lieutenant temporise.
- Au passage d'un feu rouge, les privés sont verbalisables quel que soit le type de leur intervention même si humainement c'est regrettable. Effectivement, l'officier du ministère public peut se montrer indulgent. Au cas par cas. En intervention, nous sommes prioritaires à condition de s'assurer que les gendarmes ne mettent personne en danger. La sécurité de tous prime. En cas de collision et si l'usager n'a rien à se reprocher, oui, nous sommes responsables.
Pour l'adjoint au directeur départemental de la sécurité publique :
- Il est primordial que le policier ait pris la mesure du caractère d'urgence de chaque intervention. Le gyrophare ou le deux tons ne sont pas des garanties contre l'accident.
Des consignes qui ont été rappelées dans une note de la direction générale de la police nationale après la collision mortelle d'une voiture de police qui avait fauché un adolescent, le 23 juin 2007 à Marseille.
- Toutes les missions de police ne sont pas urgentes. Il ne faut pas prendre de risques inconsidérés tant pour l'usager que pour les fonctionnaires. Et outre des dégâts corporels, il faut avoir à l'esprit qu'en cas d'accident, c'est un échec de la mission. L'usager reste dans l'impossibilité d'évaluer l'urgence. Il doit être attentif et faciliter la progression des véhicules d'intervention.
Véhicules définis comme "d'intérêt général prioritaires" par l'article R432-1 du code de la route, "lorsqu'ils font usage de leurs avertisseurs spéciaux dans les cas justifiés par l'urgence de leur mission et sous réserve de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route."
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(source : Est Républicain du samedi 28 juillet 2007)

Publié dans société

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M
hello Michel ;-)<br /> <br /> Merci pour cet excellent article, dont on ne peut que louer le bien-fondé du contenu.<br /> <br /> Toujours aussi intéressant de te lire.<br /> Bon dimanche, à bientôt...
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D
Très bien cet article, il est juste dans l'ensemble, je mettrai juste une petite nuance, pour avoir été pompier de paris, donc militaire, il y a une punition a chaque choc si minime soit il, même si l'intervention est justifiée et que le véhicule est prioritaire, de même pour les véhicules de police de base, comme on dit il faut savoir bien écrire et avoir un bon patron qui soutient son personnel. Pour les voitures banalisées le problème est totalement différent.<br /> Il faut savoir que la police a sa propre assurance et les pompiers de paris sont assurés aussi par le ministère de l'intérieur.<br /> Encore merci
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