Repenser nos méthodes de travail.

Publié le par Michel Le Fouineur

(par Paula Boyer, rédactrice en chef du Pélerin)
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C'est parce que des salariés ont mis fin à leurs jours sur - ou à proximité de - leur lieu de travail que, depuis quelques mois, le débat s'est intensifié : le travail serait devenu, trop souvent, synonyme de souffrance.
Notre sondage le confirme : selon 75 % des Français, c'est le mot "stress" qui décrit le mieux la façon dont la plupart des gens vivent l'emploi aujourd'hui. Certes, il s'agit là de l'idée que le Français se font sur les réalités du monde professionnel et non pas d'une enquête d'opinion sur le vécu concret de ceux qui sont en activité. Pour ces derniers, les mots intérêt et plaisir ont encore la priorité, à en croire une autre étude. Notre sondage n'en reflète pas moins l'évolution du regard de la société française, sans doute parce que le travail lui-même a changé. Certes, à toutes les époques, dans tous les corps de métiers, des travailleurs ont vécu des moments difficiles, exténuantes parfois. Mais, longtemps, les solidarités collectives ont pour partie compensé ce que la pénibilité des tâches, les exigences des "petits chefs" ou les cadences pouvaient avoir d'insupportables. Force est de reconnaître que, mondialisation, nouvelles méthodes de management et réduction de la durée du travail obligent, les contraintes, les pressions, l'obsession du chiffre d'affaires ou des résultats, les objectifs parfois irréalistes, l'évaluation individuelle des performances génèrent des souffrances physiques et psychiques nouvelles, parfois violentes... Nous ne nous en sommes peut-être pas avisés plus tôt, obnubilés que nous étions par le chômage. Depuis trente ans en effet, le manque de travail est perçu comme le mal social absolu. Désormais, il y en a un autre : les nouvelles organisations du travail. Les directeurs des ressources humaines (quelle drôle de dénomination pour ce qui était encore le Service du Personnel lorsque j'étais en activité... Un travailleur est-il une ressource comme les stocks de l'entreprise ? Note de Michellefouineur), les employeurs, les syndicats de salariés s'avouent préoccupés mais semblent démunis. L'urgence d'agir paraît néanmoins acquise et la conférence sociale de cet automne, consacrée aux conditions de travail, en sera l'occasion, assure Xavier Bertrand, ministre du Travail. Car il est possible d'agir. C'est l'intérêt des entreprises mais aussi de la France : lorsque leurs conditions de travail sont moins pénibles, les salariés sont plus heureux et leurs performances sont bien meilleures. Cela coûte aussi moins cher, au final, à la collectivité.
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(source : Pélerin n° 6505 du jeudi 2 août 2007)

Publié dans société

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Ils sont mignons, au Pélerin... optimistes et tout et tout, c'est bien... Si Xavier Bertrand l'assure, alors, tout va bien...<br /> Il a aussi assuré à un auditeur de RMC qu'il ferait un vrai statut pour les stagiaires, ceux qui connaissent le stress du travail et du chomage en même temps. Juste après s'être débiné...<br /> <br /> Désolée, je passais juste par là... Merci de m'avoir fait partager cet article que je n'avais pas lu
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