Infirmières bulgares - Quel a été le prix de la liberté ?

Publié le par Michel Le Fouineur

Y a-t-il eu marchandage secret autour de la libération des infirmières bulgares ? La France a-t-elle conclt avec la Libye un accord dans des domaines sensibles que l'armement ou le nucléaire ? A-t-elle mis la main à la poche pour les 400 millions d'euros de dédommagment versés aux familles libyennes ? Depuis le 24 juillet 2007, la confusion règne autour de ces questions. C'est dans l'avion de la présidence française que les infirmières ont regagné leur pays en compagnie de Cécilia, l'épouse du chef de l'Etat français? Le lendemain, le 25 juillet, Nicolas Sarkozy commençait sa tournée africaine par une visite en Libye, avec l'intention manifeste de "faciliter" le retour de ce pays au sein de la communauté internationale. Mais à quel prix ? La semaine dernière, les déclarations de Saïf Al-Islam Kadhafi ont jeté un premier pavé dans la mare. Le fils du numéro 1 libyen laisse entendre que la fourniture d'armement français à la Libye aurait été un élément décisif de la négociation. Quant aux infirmières bulgares, détenues depuis 1999, elles n'auraient été, l'aveu est de taille, que des "boucs émissaires" dans une affaire où la Libye a finalement obtenu un "bon deal". Deux jours plus tard, dans une nouvelle déclaration, le Libyen revient en arrière, niant tout lien entre la libération et les contrats :
- Cette libération est une question humanitaire qui ne peut faire l'objet d'une contrepartie.
C'est aussi ce qu'affirme Nicolas Sarkozy qui, depuis ses vacances américaines, cherche à désamorcer la polèmique. L'Elysée et Matignon ont d'ailleurs appuyé la création de la commission d'enquête parlementaire demandée par l'opposition, qui reproche au Président son manque de "transparence" dans ce dossier. C'est l'annonce, le 4 août, d'un contrat d'armement (des missiles et un système de communication radio) entre Tripoli et une filiale du groupe EADS qui a remis le feu aux poudres. Pour l'heure, EADS écarte tout lien entre la visite du président français en Libye et la signature du contrat. Quanr au volet nucléaire, le memorendum signé fin juillet porte seulement sur le transfert éventuel de technologie civile : désalinisation d'eau de mer et utilisation d'un réacteur de recherche. Jugée "irresponsable" par des organisations de défense de l'environnement, cette coopération avait déjà fait l'objet d'un accord technique en 2006, rappelle un responsable du Commissariat à l'énergie atomique, qui insiste :
- De toute façon, passer du civil au militaire ne requiert pas du tout les mêmes compétences.
- Dans cette affaire, les enjeux sont multiples. Chacun a intérêt à déployer des rideaux de fumée, analyse Emmanuel Altit, l'un des trois avocats français des infirmières bulgares.
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S.L. ; Pélerin n° 6506 du jeudi 9 août 2007

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