Péchés capitaux et péchés véniels.

Publié le par Michel Le Fouineur

(par P. Christian Delorme, prêtre à Lyon)
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La dame s'avance timidement, quelques minutes avant la messe :
- Il y a longtemps, Père, que je ne me suis pas confessée. Mais, à mon âge, on ne commet plus guère de péchés ! D'ailleurs, on ne sait plus très bien ce que sont devenus les péchés véniels et les péchés mortels dont on nous parlait autrefois. Quand on entend tous ce qui se passe aujourd'hui, les péchés capitaux paraissent presque de gentils défauts !
En écoutant cette femme, me revient une exclamation lancée jadis par le pape Pie XII :
- Le plus grand péché actuel, c'est que les humains ont commencé à perdre le sens du péché !
Il n'est pas facile, de fait, de voir clair dans ce domaine. La notion de péché a fait son apparition dans la Bible. Dans le langage hébraïque, on parle d'acte qui a manqué sa cible (autrement dit : Dieu). Et le terme latin "peccatio" pourrait être construit à partir du mot "pied". Ainsi, le péché serait-il "le faux pas". Surtout, le péché est un manque d'amour pour Dieu qui s'exprime dans la désobéissance aux commandements que Celui-ci nous a enseignés. Bien entendu, les "actes peccamineux" n'ont pas tous la même gravité, aussi bien par leur nature que par leurs conséquences. Et la responsabilité et la culpabilité du pécheur ne sauraient être jugées indépendamment de l'histoire de chaque individu. C'est ainsi que l'Église a été amenée à faire la distinction entre les péchés véniels c'est-à-dire "excusables" (qui ne demandent pas à être systématiquement confessés), et les "péchés mortels", ceux qui peuvent mettre mortellement en danger notre relation au Dieu vivant. Car, si tous les péchés représentent des manques d'amour, tous ne rompent pas la communion de l'homme avec Dieu. Quant aux "péchés capitaux", ils ne sont pas à confondre avec les péchés mortels ! Ils ont été définis par saint Augustin puis saint Thomas d'Aquin, à partir de distinctions faites par Aristote. Ce sont des péchés qui sont "à la tête" (du latin "caput") de beaucoup d'autres et constituent des maladies de l'âme qui peuvent de développer dangereusement : orgueil, avarice, envie, colère, impureté, gourmandise et paresse.
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(source : Pélerin n° 6506 du jeudi 9 août 2007)

Publié dans croyances

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