L'Evangile et les chiens.

Publié le par Michel Le Fouineur

(par P. Christian Delorme, prêtre à Lyon)
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S'aventurer dans la Bible tel un promeneur peut réserver de drôles de surprises. C'est ce qui vient d'arriver à François, 35 ans, paroissien occasionnel, agent de sécurité et grand ami des chiens. Comme beaucoup de néophytes, il a cru que la découverte du Nouveau Testament pouvait commencer par la lecture du livre de l'Apocalypse de Jean, et il est tombé sur cette phrase qui l'a terrifié :
"Dehors les chiens, les sorciers, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime ou pratique le mensonge !" (Ap 22, 14-15).
Il ne cherche pas à cacher son mécontentement :
- Qu'est-ce que cette association qui est faite entre les assassins et les chiens ? La Bible méconnaîtrait-elle que le chien est le meilleur ami de l'homme ?
Si François s'était plongé davantage dans les Écritures, il aurait trouvé bien pire encore !
Nombreux sont les textes bibliques qui stigmatisent le chien comme un animal ne méritant que le mépris. Dans le monde juif, son nom servait couramment d'insulte pour fustiger tel ou tel type de personnage détesté. Dans l'Ancien Testament, seul fait exception le Livre de Tobie qui évoque un chien faisant route joyeusement avec Tobie et l'ange Raphaël, un écrit qu'on cependant écarté les canons juifs et protestant de la Bible. Pourquoi se mépris ? Peut-être parce que l'une des principales divinités égyptiennes, Anubis, était représentée avec une tête de chien - de même, la malédiction du chat dans la Bible est aussi certainement associée au rejet des divinités égyptiennes, le chat étant un animal sacré au pays des pharaons. Peut-être parce que cette bête peut attaquer et mordre sérieusement. Peut-être encore en raison de sa sexualité assez débridée. Par bonheur,, il y a, avec Jésus, une petite réhabilitation (indirecte...) du chien. Dans l'épisode de sa rencontre avec la Cananéenne, en effet, Jésus emploie la douce expression de "petits chiens" quand il dit :
- Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens (Mt 15, 21-28)
Et dans la parabole du riche et du pauvre Lazare, ce sont les chiens qui semblent les plus "humains" quand ils viennent lécher les plaies du malheureux (Lc 16, 19-31).
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(source : Pélerin n°6507 du jeudi 16 août 2007)

Publié dans croyances

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