Lorraine : plaidoyer pour la prairie.

Publié le par Michel Le Fouineur

Ce parc, c'est une trilogie de paysages naturels modelé par les rivières. Plateaux boisés, fronts de côtes habillés de vergers et dépressions émaillées d'étangs s'enchaînent pour lui octroyer sa forte personnalité. Ruralité donc, histoire souvent belliqueuse hélas, et caractère bien trempé des communautés villageoises : plus que le travail de la nature, c'est celui des hommes, agriculteurs et forestiers, qui a déterminé, en 1974, la création de ce territoire de 219.000 ha. Le parc naturel régional de Lorraine (PNRL) est donc avant tout l'expression d'un terroir et son destin est forcément l'otage de l'évolution des pratiques agricoles. L'équipe qui le sert l'a parfaitement compris, lorsque, en 1994, elle s'est lancée dans la réalisation d'un Atlas communal afin de collecter toutes les informations biologiques des quelque 188 localités présentes dans le parc.
- Ce travail n'est pas encore achevé, il reste une quarantaine de communes dans la partie Est, mais grâce à la base de données disponibles beaucoup de secteurs remarquables ont été hiérarchisées, souligne Laurent Godé, chargé de mission environnement.
Un tel outil est essentiel, car, outre une connaissance fine du milieu, il permet de mieux orienter les municipalités dans les choix d'aménagement et de gestion de l'espace communal. Dans cet esprit, l'Atlas est prolongé par l'Observatoire du patrimoine naturel, autre programme de mutualisation et d'actualisation des données naturalistes. Bref, le parc veille au grain. Et il a raison : il ne reste plus que 30.000 ha de prairies dont 3000 mériteraient une protection intégrale pour la richesse de leur faune et de leur flore. Problème : ces lambeaux de biodiversité ne pèsent pas lourd face au drainage et à la mise en culture, d'autant que se profilent les agrocarburants, boulimiques en terre, et que l'Europe vient de supprimer les jachères... Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que la charmante rainette verte, autrefois si abondante, ne subsiste plus que sur quelques parcelles. Le petit batracien est un excellent bio-indicateur de la santé de son écosystème et là où elle ne chante plus, celui-ci est soit bien malade, soit a disparu.
¤¤¤¤¤
Renseignements : http://www.pnr-lorraine.com ou 03 83 81 67 67
¤¤¤¤¤
source : est magazine du dimanche 19 août 2007)

Publié dans patrimoine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article