L'iris.
Il embellit nos jardins, mais connaissons-nous les secrets de cette fleur printanière ?
Certes, Vincent Van Gogh a immortalisé la variété bleue des iris. Mais n'oublions pas les autres pour autant : les iris, blancs, jaunes ou violets. Peut-être un jour, un horticulteur génial saura-t-il inventer l'iris rouge. Une chmère ? Pas sûr...
La famille des iris est riche de plus de deux cent variétés. Odorants et ornementaux, les pétales d'iris se creusent et s'enroulent en une étonnante chorégraphie dans nos jardins. Ces fleurs forment des bouquets spectaculaires qui, en plus, se conservent bien. Et les iris sont d'une nature accomodante : tous les sols leur conviennent, même secx et arides.
Rançon de sa beauté, l'iris a, de tout temps, enflammé les imaginations et exercé une profonde séduction. Rappelez-vous : dans la mythologie grecque, la déesse Iris, qui portait l'arc-en-ciel comme une écharpe, était la messagère des dieux. Une marque de confiance ! Dans la tradition musulmane, l'iris posé sur les tombes représente l'espoir d'une vie au-delà de la mort. Au japon, début mai, il est de tradition de prendre un bain dans une eau où flottent des iris ; cela protège contre les maladies et les mauvais esprits.
La fleur d'iris, et non la fleur de lys, serait-elle à l'origine du symbole de la monarchie française ? Question délicate sur laquelle les avis divergent. Pour certains spécialistes, la fleur de lys serait, à l'origine, la "fleur de luce", ancien nom de l'iris, ou la "fleur de Louis", désignant l'iris que Saint Louis aurait choisi pour emblème de la croisade qu'il mena en Terre Sainte.
Il semblerait même que, plus tôt, Clovis ait adopté le dessin de l'iris pour symboliser la monarchie franque que, le premier, il incarna. Selon une légende, Clovis, pourchassé par ses ennemis wisigoths, se réfugia dans un marais. Là, il ne dut son salut qu'aux iris qui le cachèrent aux yeux de ses poursuivants. Mais on dit aussi que le grand iris jaune fut choisi par les chefs francs en souvenir de la terre, marécageuse, d'où ils venaient. Bref, l'énigme reste entière... Ce qui confère à cette fleur printanière un petit goût de mystère qui la rend encore un peu plus attachante...
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source : Notre temps/jeux n° 258 - mai 2007