Jean Rochefort, gentleman cavalier.

Publié le par Michel Le Fouineur

Entre les équidés et la comédie, son coeur balance depuis plus de quarante ans.
Jean Rochefort a vécu plusieurs existences. C'est ce qu'il souhaitait lorsqu'il décida d'embrasser la carrière d'acteur. Il avoue bien volontiers que ce qui l'a poussé vers ce métier, c'est avant tout la peur de la vie. Celle qui le tenaillait lorsque, adolescent, il traînait son ennui et sa tristesse dans une Nantes mélancolique. S'il poussa la porte du Conservatoire et choisit d'emprunter le temps d'un film ou d'une pièce de théâtre la vie des autres, c'est pour fuir un quotidien qui l'effrayait.
Au Conservatoire de Paris, en 1953, il rencontre Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Bruno Cremer. Il fera de cette joyeuse bande sa deuxième famille. Mais le succès n'est pas tout de suite au rendez-vous. Après un premier rôle dans Vingt mille lieues sur la terre, un film russe de propagande, il enchaîne les seconds rôles dans des films comme Angélique, marquise des anges. Parallèlement, il joue au théâtre des pièces intellectuelles. Il lui faudra attendre avant de rencontrer ses grands rôles dans les films de Philippe de Broca, Yves Robert et Patrice Leconte.
Mais le cinéma va lui offrir un véritable cadeau : sa rencontre avec  les chevaux. Sur le tournage du film Cartouche de Philippe de Broca, il tombe amoureux des équidés. Un vrai coup de foudre qui lui vaut deux côtes fêlées et le métacarpien cassé. Qu'importent les chutes ! A la fin du tournage, il décide de prendre des leçons d'équitation et embarque son ami Philippe Noiret dans l'aventure. L'attirance se transforme en passion : c'est le début d'une longue histoire qui le conduira à faire de la compétition et à devenir éleveur. Pour une grande partie du monde équestre d'ailleurs, le comédien est un éleveur qui fait du cinéma, non le contraire. Brillant hommage de cette profession qui n'a pas l'habitude d'envoyer des fleurs ! Sa maison près de Rambouillet héberge six ou sept chevaux, mais il fut un temps où elle en comptait une trentaine, des vrais cracks montés par les plus grands. Jean Rochefort est aussi très fier d'avoir réalisé avec sa jument pur-sang Blandice le premier transfert d'embryons en France. Seule ombre au tableau dans cette idylle : la double hernie discale qui le terrassa sur le tournage de Don Quichotte de Terry Gilliam. Depuis, les médecins lui interdisent de monter à cheval. Il se mue alors en commentateur hippique pour France 2. Ses envolées lyriques lors des épreuves équestres des Jeux olympiques d'Athènes sont restées dans toutes les mémoires. On en redemande.
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(source : Notre temps/jeux n° 259 de juin 2007 ; wikipédia pour les liens.)
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