Académie de Stanislas : deux nouveaux membres.

Publié le par Michel Le Fouineur

L'abbé Jacques Bombardier et Colette Keller-Didier ont été officiellement installés à l'Académie Stanislas.
Il y avait foule dans les grands salons de l'Hôtel de ville de Nancy (54) pour la dernière séance annuelle de l'Académie de Stanislas, au cours de laquelle ont été officiellement installés deux nouveaux membres : l'abbé Jacques Bombardier, curé de Saint-Epvre (Nancy) et Colette Keller-Didier, également présidente de l'Académie lorraine des Sciences.
En début de cette séance solennelle, le président François Le Tacon et André Rossinot ont paraphé une convention de partenariat. Si le maire de Nancy est, de par sa fonction, protecteur de l'Académie, il n'avait encore jamais signé un document scellant officiellement le soutien de la Ville à la docte compagnie. Le premier magistrat a souligné que "l'esprit académique" était appelé à des jours nouveaux. "Dans un monde qui change extraordinairement vite, les lieux de sagesse sont indispensables." Il a rappelé les nombreuses manifestations auxquelles l'Académie a participé.
Il appartenait au professeur Jean-Louis Rivail, secrétaire annuel, de faire le bilan d'une saison riche en colloques et communications diverses.
C'était au tour de l'abbé Bombardier de prendre la parole pour son discours d'installation consacré à l'Ecole théologique de Nancy, représentée par l'abbé Alfred Vacant.
Cet homme d'église, né à Morfontaine en Lorraine en 1852, fut un disciple de Mgr Lavigerie. Auteur d'une thèse sur la connaissance mutuelle que nous avons de Dieu, il fut contacté par un éditeur pour mettre en chantier une oeuvre monumentale : un dictionnaire théologique. Cette vaste entreprise, débutée en 1897, s'acheva en 1950 par les collaborateurs de l'abbé décédé en 1901.
L'abbé Jacques Bombardier souligna la formidable énergie déployée pour sortir un fascicule tous les quatre mois, dans une période où le catholicisme était en crise, attaqué par la conception moderniste mettant en cause la divinité du Christ et les dogmes. "La théologie n'est jamais qu'une mythologie épurée", pouvait-on lire sous la plume de certains défenseurs de ce courant de pensée. L'abbé Bombardier s'est donc attaché à replacer cet immense travail novateur dans le contexte historique.
Après avoir salué le brillant orateur et rappelé son parcours, le président Le Tacon passait le micro à Colette Keller-Didier qui aborda, de façon encyclopédique, 2000 ans de thèrapeutique en déroulant l'histoire du médicament, de la thèriaque, cette panacée qui se voulait universelle, à la thèrapie génique.
"Du prêt-à-porter au sur-mesure", a résumé, avec beaucoup d'humour et d'à-propos, celle qui fut pharmacienne, avant de devenir présidente de l'ordre régional des pharmaciens, membre et actuellement présidente de l'Académie lorraine des Sciences.
Rappelant ce que représente le caducée et, natamment, le serpent, symbolisant à la fois le danger mortel et le remède salvateur, elle a fait défiler toute la pharmacopée.
Depuis la thériaque de Mithridate, contenant 54 ingrédients et la version améliorée par Andromaque, médecin de Néron, qui avait rajouté une soixantaine de composants, jusqu'à la thérapie génique et cellulaire : toute l'aventure de la recherche médicale et pharmaceutique pour repousser, toujours plus loin, le spectre de la mort. Un passionnant voyage
A l'issue de cette brillante séance, le président François Le Tacon a passé le relais au professeur Michel Laxenaire.
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Didier Hemardinquer ; l'Est Républicain du samedi 23 juin 2007.
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