Paul-Emile Victor.

Publié le par Michel Le Fouineur

Paul-Emile Victor explorateur, scientifique, fondateur des Expéditions polaires françaises, mais aussi écrivain et artiste, aurait eu 100 ans cette année (2007). Cet anniversaire, qui coïncide avec l'Année polaire internationale, nous la célébrons en rencontrant son fils Jean-Christophe, producteur de l'émission Le dessous des cartes, sur Arte.
Le nom de Paul-Emile Victor - "PEV", pour les initiés - est associé pour l'éternité à la banquise, aux aurores boréales, aux Inuits et aux traîneaux filants à travers l'immensité glacée. Son visage buriné de Jurassien intrépide, son front volontaire, son regard limpide, sa voix grave restent gravés dans nos mémoires.
- J'ai mis un temps fou à faire mon deuil. Je pense à lui presque tous les jours, souffle Jean-Christophe, l'aîné des quatre enfants de l'explorateur.
De toute évidence, Jean-Christophe, la soixantaine, a hérité de son père le goût du voyage, des mappemondes et des cartes. A l'âge de 20 ans, il l'a accompagné en Antarctique, le temps d'une expédition. Puis Jean-Christophe a longtemps séjourné en Asie : Afghanistan, Népal... avant de fonder, à Paris, le Lepac (Laboratoire d'études politiques et cartographiques), et de produire Le dessous des cartes, la remarquable émission de géopolitique qu'il anime tous les mercredis soirs sur Arte. Bref, l'aîné des Victor, à qui Paul-Emile avait dédié, à sa naissance, "Apoutsiak, le petit flocon de neige", délicieux classique de la littérature jeunesse, s'est fait un prénom, comme on dit familièrement.
De cet homme complet qu'était Paul-Emile Victor, aventurier, scientifique, écrivain, chacun des trois autres enfants a aussi pris sa part. Juriste, Daphné, la cadette, veille sur l'oeuvre de son père, et préside le centre polaire de Prémanon. Stéphane, son jumeau, s'est installé dans la région d'Annecy, où il enseigne le ski et la voile. Tandis que Teva, le benjamin, n'a jamais quitté l'île de Polynésie, où son père s'était installé avec sa seconde femme, au début des années 1970.
- Il faut imaginer la vie à la maison, lorsque nous étions enfants, poursuit Jean-Christophe Victor. Nous avons grandis avec, quasiment à nos côtés, une famille inuit, au sens large. Mon père en parlait beaucoup. Il revenait régulièrement avec de nouveaux récits, des objets, des dessins. De telle sorte que pour nous, ce qui est étranger et différent a toujours été synonyme de richesse. C'est une force. Encore plus aujourd'hui, où l'autre est vu comme une menace, dans nos sociétés.
Courageux, meneur d'hommes, mais dans le calme et la gentillesse, avec beaucoup de jugement, mais sans juger les autres. Un père qui a transmis à ses enfants une architecture mentale et morale, ainsi que la confiance en soi, "un vrai cadeau"... Les phrases élogieuses se bousculent dans la bouche de Jean-Christophe Victor, ému à l'évocation des traces - mot qu'il préfère à souvenirs - laissées par Paul-Emile. Mais il en convient : l'époque dans laquelle son père a vécu était encore grande ouverte aux plus belles aventures, où les hommes de sa trempe pouvaient donner le meilleurs d'eux-mêmes :
- En 1936, la famille inuit du Groenland, dans laquelle il a passé un an, seul, n'avait pas vu de Blancs depuis une cinquantaine d'années ! Elle vivait comme ses ancêtres. Paul-Emile était conscient que tôt ou tard, le progrès, dont il était par ailleurs un fervent défenseur, anéantirait la société inuit. Il le vivait mal. Aujourd'hui, détruits par l'alcool, auquel s'ajoute maintenant le réchauffement climatique, les Inuits ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Même les chercheurs s'en sont désintéressés !
N'empêche, le rêve est toujours là. Films, livres expéditions, celles de Jean-Louis Etienne, ou de Nicolas Vannier continuent à entretenir notre fascination pour les déserts blancs. Comme un impérieux besoin d'immaculé.
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Philippe Royer ; Pélerin n° 6504 du jeudi 26 juillet 2007.
et Wkipédia pour les hiperliens.
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Publié dans mémoire

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M
Les derniers rois de Thulé : Jean Malaurie.<br /> http://www.gngl.com/fr/Nuits_polaires/2005/Thule.htm .
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N
J'avais beaucoup aimé "les derniers rois de thulé" mais c'est peut être pas de lui ,au fait !
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