Chamonix - Terre d'aventures.

Publié le par Michel Le Fouineur

Capitale de l'alpinisme, Chamonix est un terrain de jeux unique. Si prendre de la hauteur est à la portée de tous, s'aventurer vers les sommets demande sagesse et humilité.
Premier train du matin à destination du Montenvers : des alpinistes, des touristes avides de panoramas somptueux... Quelque 20 mn plus tard, tête-à-tête avec les Drus, avec au loin les Grandes Jorasses et à portée de mains l'Aiguille de la République, sublime et si fragile. Au programme du jour : cour de cramponnage sur la Mer de Glace avec Yann Delevaux, guide à la Compagnie des Guides de Chamonix. C'est à lui que l'on remet sa vie en toute confiance. Première épreuve : la descente des 240 barreaux des échelles - qu'il faudra remonter en fin d'après-midi ! - qui permettent de prendre pied sur ce glacier mythique qui, réchauffement climatique oblige, s'est mis au régime minceur. Il n'y a pas si longtemps, seulement 142 barreaux suffisaient pour rejoindre la moraine... Une plongée vertigineuse. Encordé ou pas, le risque est bien là. La prudence est de rigueur.
L'épreuve des échelles franchie, celle de la mise en place des crampons demande elle aussi une certaine dextérité. Pied droit - pied gauche ? La lanière par devant ou par derrière ? Et le piolet dans quelle mains ? Yann, le guide du jour, explique aux novices ce qu'il faut savoir en matière de cramponnage :
- On écarte légèrement les jambes et on marche à 10 h 10, sinon c'est le pantalon voire les mollets qui garderont le mauvais souvenir d'un faux pas. Toutes les pointes doivent toujours être en contact avec la glace, c'est la cheville qui doit se tordre et être très souple !
L'exercice est plutôt concluant. Puis c'est une lente et inoubliable montée vers les moulins et bédiaires de cette Mer de glace qui, au Moyen Âge, était comparée à un monstre inquiétant.
Mais Chamonix ne rime pas seulement avec danger et haute montagne. Le "Monchu", surnom donné au touriste, a le choix entre une incroyable diversité de randonnées de tous les niveaux. Lac Blanc, Brévent, Balcon sud ou nord, Belachat, refuge Albert Ier, gîte-à-Balmat et montée à la Jonction, désert de latée, le vallon de Pierre-à-Bérard... la liste est inépuisable !
Si la randonnée en solitaire permet de se "retrouver", l'option accompagnateur séduit de plus en plus. Comme pour les courses engagées, la Compagnie des Guides propose des randonnées encadrées par des professionnels de la montagne. Destination "Le Chapeau" (1.576 m) avec Catherine Duranti. Deux heures de marche avec des points de vue uniques sur la Vallée de Chamonix, sur la Mer de Glace et beaucoup plus haut... le Mont Blanc. Ses 4.807 m resteront un rêve pour cette fois-ci. A chaque lacet du sentier, quelques mètres sont gravis. Cathy profite d'une pose pour expliquer la montagne et faire partager ce milieu qu'elle connaît bien.
- Le rôle de l'accompagnateur est d'être aussi un initiateur à la nature. On permet au client de mieux appréhender le milieu. Je pense qu'on lui apporte un certain confort dans sa découverte.
Dernier effort sur le chemin des "rentourneurs" et l'on domine les sources de l'Aveyron. Sans difficulté, Cathy a mené sa troupe à la limite de la haute-montagne : on touche le glacier du doigt. Mais en tant qu'accompagnateur, ce qu'elle apprécie c'est aussi d'être à l'écoute des gens.
- Le relationnel est important, souligne-t-elle.
La magie de la montagne a une nouvelle fois opéré : loin du monde, des images plein les yeux, du pur bonheur... Dernier tour d'horizon. Il est temps de redescendre vers l'agitation et le tumulte de la vallée.
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Philippe Thirault ; est magazine du dimanche 22 juillet 2007.
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Publié dans patrimoine

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